Commentaires des tableaux

Tableau numéro 1 : TARAVAL, Le mariage de Saint Louis

En entrant, à droite, on remarque que l’espace compris entre les deux colonnes est vide. Il s’agit du vide occasionné par la perte du tableau de CARAVAL : Le Mariage de Saint Louis avec Marguerite de Provence.

Selon l’habitude de la monarchie française, c’est à la mère du futur Saint Louis qu’il revient de choisir l’épouse de son fils. Si ses choix se portent sur Marguerite de Provence, fille de Raymond Béranger, comte de Provence et de Béatrix de Savoie c’est parce qu’elle souhaite poursuivre la politique déjà menée par Philippe Auguste et qui consiste à agrandir le territoire français par des alliances. Au moment du mariage, le 27 mai 1234, Marguerite n’a que quatorze ans.

Alors qu’il n’avait pas lui même choisi son épouse, il semble cependant que Louis IX ait été tout de suite attiré par celle-ci. La légende veut même que Blanche de Castille ait été jalouse de sa bru. Il est certain en tout cas qu’elle a toujours freiné les relations de son fils avec cette dernière considérant qu’un amour trop grand pour Marguerite rendrait celle-ci trop influente. Par la suite, Louis IX lui-même continue à écarter son épouse des affaires politiques. On peut d’ailleurs constater que ce n’est pas à la Reine qu’est confiée la régence lors de la dernière croisade alors que Marguerite est pourtant restée en France.

Tableau numéro 2 : VAN LOO, Le sacre de Saint Louis

Le sacre de Saint Louis intervient après la mort du père de ce dernier, c’est-à-dire de Louis VIII, mort de dysenterie à Montpensier le 8 novembre 1226 alors qu’il revenait vers Paris après avoir combattu dans le sud de la France contre les Cathares. Contrairement à certains de ses prédécesseurs, le roi n’avait pas fait sacrer son fils avant son départ : le pouvoir royal semblait suffisamment stable pour rendre cette précaution superflue. L’entourage du Roi et les grand feudataires s’attachent donc rapidement à organiser la cérémonie.

Le 29 novembre 1226, le cortège royal fait son entrée à Reims après un passage à Soissons où le roi est armé chevalier. La cérémonie est surtout marquée par le deuil et l’appréhension : deuil lié au décès brutal du Roi, appréhension pour l’avenir. En effet, en mourant si jeune, le souverain ne laisse pour gouverner la France qu’un fils de douze ans, ce qui rend nécessaire la nomination d’un régent. Si c’est finalement la propre mère de Saint Louis qui accède à ce poste, elle a cependant de nombreux opposants et essentiellement les plus grands feudataires du royaume dont plusieurs se font remarquer par leur absence au sacre du nouveau roi.

Très longue, la cérémonie comprend quatre étapes : celle de l’onction, puis celle de la remise du manteau royal et de l’épée qui précède la remise de la couronne, enfin celle de l’hommage des seigneurs au nouveau roi. C’est la première étape que VAN LOO, a choisi de représenter. On distingue le futur roi agenouillé qui reçoit l’onction de l’évêque de Soissons choisi pour remplacer l’archevêque de Reims décédé peu de temps auparavant. A sa gauche se tient le duc de Bourgogne qui présente la couronne royale sur un coussin fleurdelisé. Enfin, on distingue à l’arrière-plan la Reine mère, Blanche de Castille qui se tient debout près de son fils.

Tableau numéro 3 : VIEN, Saint Louis remet la régence du royaume à sa mère

Si les tableaux suivaient l’ordre chronologique réel, cette scène devrait intervenir avant le sacre. En effet, c’est à Montpensier, en Auvergne, tout de suite après la mort de Louis VIII que tout se joue.

Depuis Philippe Auguste, le pouvoir n’était plus concentré entre les mains des grands feudataires mais avait été confié progressivement à un petit groupe de conseillers royaux que le roi jugeait plus fidèles. Si la puissance du pouvoir royal avait jusque là empêché les barons de réagir, la mort de Louis VIII leur rend tout espoir. C’est ainsi que deux groupe s’affrontent pour accéder à la régence : celui des conseillers royaux qui propose que Blanche de Castille assume le pouvoir et celui des barons qui souhaite conduire à la régence Philippe Hurepel, chevalier et prince du sang. Alors que la première est encore considérée comme suspecte à cause de sa double origine espagnole et anglaise, le second jouit de par sa position de plus proche parent masculin du roi d’un fort appui. Malgré la situation d’apparente faiblesse de la Reine, c’est celle-ci qui accède à la régence grâce au soutien de son fils et à l’erreur des barons qui n’osent refuser à ce dernier le serment de fidélité qu’il demande.

C’est donc à sa mère que l’on voit ici habillée de blanc - couleur du deuil royal - que le nouveau roi remet la régence du royaume symbolisée par le gouvernail. L’ensemble de la scène se déroule sous le regard attentif du cardinal de Saint Anges, conseiller de la Reine.

Tableau numéro 5 : HALLÉ, Saint Louis transportant la couronne d'épines

En 1238 la situation de l’empire Chrétien d’Orient semble désespérée. En plus de nombreuses difficultés d’ordre militaire et économique, le pays traverse une grave crise politique. En effet, le nouvel empereur, Beaudoint II, cousin de Louis IX est dans une situation assez semblable à celle de celui-ci quelques années plus tôt : trop jeune pour assumer le pouvoir car âgé seulement de onze ans, il a confié la régence à Jean de Brienne.

C’est ce dernier qui prend, en l’absence du jeune empereur la décision de vendre la couronne d’épines détenue par l’empire à Nicolo Guirino, représentant du doge à Venise. Ayant appris la nouvelle, Beaudoint II en fait le triste récit à son cousin et lui déclare qu’il lui donnera la couronne lorsque l’empire l’aura récupérée. C’est en réalité une invitation indirecte à acheter la relique. Louis IX le comprend et accepte.

Rapportée le 10 août 1239 en France par deux dominicains, la Couronne d’épines est conduite à Notre Dame jusqu’à la chapelle royale de la Cathédrale. Ce n’est que l’année suivante que le Roi, qui a acheté de nouvelles reliques décide la construction d’un reliquaire géant dans l’enceinte même de son palais : il s’agit de la Saint Chapelle.

C’est dans l’allée de Vincennes - on reconnaît au fond à droite le donjon du château- que HALLÉ a choisi de placer la scène. Conduit par le Roi, le cortège en liesse se dirige vers Notre Dame. On note la présence de Marguerite de Provence, à la gauche du Roi.

Tableau numéro 6 : RESTOUT, Saint Louis débarquant en Égypte

En 1248, Louis IX décide de répondre à l’appel des Chrétiens d’Orient et d’aller libérer Jérusalem prise par le Sultan d’Egypte. Il lance donc le projet d’une croisade internationale, restant ici fidèle à la tradition capétienne : avant lui déjà, Philippe Auguste avait pris la croix. Si de nombreux seigneurs répondent à son appel, la croisade n’a cependant pas de véritables dimensions internationales. Le Roi d’Angleterre refuse de combattre aux côtés d’un Capétien et l’empereur d’Allemagne est occupé par sa lutte contre le Pape. Ce n’est donc qu’un petit nombre de chevaliers étrangers qui répond à l’appel du Roi de France.

La préparation de la croisade passe par la construction d’un port fortifié en Méditerranée - Aigues Mortes- et par l’implantation d’une base de ravitaillement sur l’île de Chypre. Enfin, tout étant prêt Louis IX remet la régence à sa mère et s’embarque à Aigues Mortes en compagnie de son épouse le 28 août 1248.

Ce n’est que le 3 juin 1249 que la flotte royale arrive en vue de Damiette port d’Egypte choisi pour le débarquement. Cependant, certains navires ont été retardés et seuls six mille hommes au total peuvent débarquer. Le roi hésite : il peut choisir de débarquer avec les risques d’une défaite ou d’attendre le reste de la flotte tout en sachant que le vent peut disperser les bateaux. C’est finalement le débarquement qui est décidé. Malgré le déséquilibre des forces, Damiette est conquise et l’armée du sultan mise en déroute.

La présence d’une scène de bataille dans une chapelle peut sembler étrange, mais la volonté du conseil était de donner aux élèves une image d’héroïsme que l’on peut trouver dans le comportement des combattants qui, au premier plan se jettent à l’eau pour accélérer le débarquement. D’ailleurs, la dimension religieuse de la scène est rappelée par la présence de la croix au fond à gauche.

Il est intéressant de remarquer que le nom donné à ce tableau ne correspond pas à la réalité. À l’origine, c’est le débarquement dans la baie de Carthage que RESTOUT avait choisi de représenter, ce qui signifie que le tableau devrait être placé entre l’entrevue de Saint Louis et du Pape et sa maladie.

Tableau numéro 7 : LÉPICIÉ fils, Saint Louis rendant la justice lui-même

En revenant au fond de la chapelle, on remarque de l’autre côté un nouvel emplacement vide. Il s’agit ici du second tableau disparu pendant la Révolution. À l’origine, on y trouvait l’image traditionnelle de saint Louis rendant la justice assis sous un chêne.

Il s’agit ici d’un épisode légendaire puisqu’en réalité Louis IX n’a jamais rendu lui même la justice. Il est vrai cependant qu’il avait un profond amour pour la justice, il est vrai également qu’il a réorganisé le système judiciaire français, redéfinissant la mission des baillis et contrôlant leur travail plus étroitement. Il n’en demeure pas moins que les interventions directes du Roi étaient très rares : le souverain se contentait de superviser l’opération.

D’ailleurs, cet amour pour la justice n’excluait pas chez Louis IX une intolérance totale en matière de religion. En particulier, le Roi n’a jamais pu réellement tolérer le judaïsme, allant jusqu’à faire porter aux Juifs un signe distinctif, ce qui ne l’empêchait pas d’ailleurs de refuser que leur soit fait le moindre mal.

Tableau numéro 9 : BRENET, Saint Louis recevant les ambassadeurs de Tartarie

Le titre du tableau, visiblement erroné rend difficile la compréhension du tableau. À l’origine, deux tableaux distincts avaient été commandés :

Finalement, un seul des deux tableaux fut réalisé, mais ne peut on pas lui donner les deux significations ? La présence de deux “ambassadeurs” rappelle l’existence des deux tueurs, mais l’un d’entre eux donne au roi un document qui pourrait être la demande d’alliance formulée par le prince.

Tableau numéro 11 : LAGRENÉE, Entrevue de Saint Louis et du Pape Innocent IV

C’est au moment du départ de Saint Louis en croisade, plus exactement en juillet 1248 que ce dernier rencontre le pape Innocent IV à Lyon pour une bénédiction avant le départ. Pendant toute la durée de l’absence du Roi, le territoire français est d’ailleurs protégé par le Pape. Si celui-ci ne participe pas à la croisade, il se fait représenter par un légat chargé tant de prêcher la croisade que d’aider à l’organisation et aux détails matériels.

 

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