Histoire des tableaux

En 1769, Doyen reçoit du conseil d’administration de l’École Militaire la commande d’un tableau de grande taille évoquant une scène de la vie de Saint Louis et destiné à être placé au-dessus du maître-autel. Cependant, en 1772 l’artiste n’a toujours pas commencé à travailler sur ce tableau. Désirant rapidement profiter de la chapelle, le conseil renonce à sa commande et projette d’accrocher à la place du tableau demandé, la Descente de Croix de LEBRUN, alors entreposée au Louvre. Cependant, si l’autorisation de copie est accordée sans problème, celle du transport du tableau vers la chapelle ne l’est pas. Le conseil propose alors à Doyen de réaliser la copie de cette œuvre au lieu du tableau prévu. D’ailleurs, le sujet choisi par Doyen - une scène de bataille- n’a pas aux yeux du conseil sa place au-dessus d’un autel. Cependant, tout en invitant l’artiste à renoncer à son tableau, le conseil lui propose de réaliser dix autres toiles racontant la vie de Saint Louis. Doyen refuse pourtant, en déclarant que copier un tableau est pour lui un déshonneur. En réalité, il ne croit pas à la promesse du conseil de lui commander les autres toiles. L’avenir lui donne d’ailleurs raison: persuadé que Doyen n’est pas capable de mener à bien un travail aussi important que la réalisation de dix toiles, le conseil s’adresse à dix peintres différents.

En 1773, pour l’ouverture de la chapelle, tous les tableaux sont achevés. De la droite de l’autel à la gauche de l’autel on trouve les dix épisodes chronologiques de la vie de Saint Louis, de son mariage à sa maladie. Le tableau principal est finalement La dernière communion de Saint Louis : il se présente comme la suite logique des œuvres précédentes.

Pendant la Révolution, l’École Militaire est en partie saccagée. La chapelle n’est pas épargnée : l’orgue est détruit, les tableaux enlevés et dispersés entre Saint-Louis-en-l’île et la chapelle de l’école de Saint Cyr. C’est seulement en 1934 qu’ils réintègrent leur place d’origine à l’exception de deux d’entre eux, disparus. C’est peut-être l’absence de ces deux toiles qui conduit au choix d’un nouvel ordre peu rationnel. La chronologie n’est plus respectée, certains tableaux ont reçu des noms erronés qui leur ôtent toute signification.

 

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© Copyright Aumônerie de l'École Militaire / Patrick LE QUÉRÉ 1999 - Dernière mise à jour le 30/11/04