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En 1248, Saint Louis décide de répondre à l’appel des
Chrétiens d’Orient et de reprendre Jérusalem au Sultan
d’Égypte qui s’en était emparé. Si la piété le pousse à ce
départ en croisade, le Roi obéit également à la tradition
capétienne. Avant lui, Philippe Auguste et Louis VII avaient
pris la croix, et seul le décès précoce de Louis VIII
l’avait empêché de suivre la même voie. Soutenu par le
Pape Innocent IV, le projet rencontre beaucoup de succès
dans le Royaume, puisque près de 25 000 hommes, dont 3 000
chevaliers se préparent à suivre le Roi. Cependant, le
départ du Souverain pour cette entreprise périlleuse est mal
accepté par le peuple, les conseillers royaux et même par
Blanche de Castille qui craint, et l’avenir lui donnera
raison, de mourir avant de revoir son fils. De même, alors
que Louis IX souhaitait un mouvement international, seules
quelques seigneurs étrangers se joignent à l’expédition : le
Roi d’Angleterre, ennemi héréditaire des souverains français
refuse de s’allier à Louis IX et l’empereur d’Allemagne est
préoccupé par sa lutte contre le Pape.
Longue et laborieuse, la préparation de l’expédition
comprend la construction du port fortifié d’Aigues Mortes au
bord de la Méditerranée afin de protéger les armées royales
dans cette région peu fidèle à la monarchie française, et
l’établissement d’une base de ravitaillement sur l’île de
Chypre.
Le 26 avril 1248, après la consécration de la Sainte
Chapelle, Louis IX quitte Paris pour se rendre à Corbeil.
Là, il remet solennellement la régence à Blanche de Castille
en qui il a pleine confiance. Après avoir reçu la
bénédiction du Pape à Lyon (tableau Entrevue de Saint
Louis et du Pape Innocent IV à Lyon par LAGRENÉE), il
gagne Aigues Mortes et embarque le 28 Août accompagné de son
épouse qu’il ne souhaite pas quitter.
Le 3 Juin 1249, la flotte royale arrive en vue de
Damiette, en Égypte, port que Saint Louis a choisi
d’attaquer car il commande le passage jusqu’au Caire,
capitale du Sultanat. De plus, la ville rappelle également
l’assaut donné lors de la cinquième croisade et qui avait
abouti à la prise de la ville. Malgré l’absence d’une grande
partie de la flotte, retardée par les vents contraires,
Louis IX décide de débarquer sans tarder, afin d’éviter que
les navires ne soient dispersés par les courants. Ainsi, ce
n’est qu’un nombre restreint de croisés qui, précédés par
Saint Louis, débarquent à Damiette défendue par 6 000 hommes
du Sultan d’Égypte avertis depuis longtemps des intentions
des Croisés. Pourtant malgré le déséquilibre des forces, le
débarquement réussit. Le corps d’élite du Sultan lui même,
pris de terreur, fuit vers Le Caire : la conquête de
Damiette est réussie.
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RESTOUT, Saint Louis débarquant en Égypte
(1770) |
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Le tableau Maintenant
intitulé Saint Louis débarquant en Égypte, ce tableau
représente cependant le débarquement à Tunis lors de la
seconde croisade de Saint Louis, et qui s’achèvera par sa
mort. Ainsi, ce tableau n’est pas non plus à sa place : on
devrait le trouver avant le tableau figurant Saint Louis
malade.
L’objectif du Conseil en commandant cette œuvre à RESTOUT
était d’offrir aux cadets un modèle d’action guerrière et de
courage. On peut penser que l’artiste a bien su mettre son
talent au service de cette cause en représentant au premier
plan les barons se jetant à la mer pour débarquer plus vite,
et ce malgré le poids de leurs armes. On note ainsi la
présence de Matthieu de Montmorency qui, l’épée entre les
dents et l’écu dans le dos se cramponne au quai et à un
anneau pour se hisser sur la terre.
La dimension religieuse du combat se trouve rappelée par
la croix qu’élève à gauche de la scène le cardinal légat.
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