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A la mort du roi Louis VIII, le futur Saint Louis n’a que
douze ans. Selon les habitudes de la monarchie, une régence
s’impose jusqu’à ce que le nouveau souverain atteigne l’âge
de la majorité. La nomination d’un "bailli", autrement dit
d’un régent entraîne de graves difficultés.
Deux groupes sont en effet en rivalité ouverte. Ainsi, les
grands nobles et barons écartés du pouvoir par Philippe
Auguste et Louis VIII, et qui rêvent d’un retour à la
situation initiale s’opposent aux conseillers que se sont
choisis les deux souverains : un conseil de bourgeois et de
membres de la petite bourgeoisie qui constituent le noyau
dur du gouvernement avec lequel s’est effectué la
réorganisation de la France.
Si la puissance du pouvoir de Philippe Auguste puis de Louis
VIII ôtait aux barons toute chance de retrouver le pouvoir,
la mort prématurée du souverain leur rend des espoirs,
puisque Louis VIII a omis de donner des instructions
concernant la régence, se contentant de faire prêter aux
barons le serment de garantir le sacre du Prince Louis.
Deux "candidats" se disputent la place de bailli. Le
premier, Philippe Hurepel, chevalier et prince du sang jouit
de l’appui des barons qui pensent pouvoir ainsi retrouver
leur pouvoir. Le second n’est autre que Blanche de Castille,
mère de Louis IX et épouse de Louis VIII, soutenue par le
groupe alors au gouvernement qui espère conserver sa place.
Les chances de Blanche de Castille d’accéder au pouvoir
semblent très restreintes. Tandis que Hurepel à qui la
régence appartient en réalité de droit puisqu’il est le plus
proche parent masculin du Prince Louis est soutenu par la
majorité des barons, la mère du futur souverain, fille
d’Alphonse VII, Roi de Castille est encore considérée par
tous comme une étrangère. De plus, la douleur de la Reine
face à la mort de son mari ne lui permet pas de mener un
combat sérieux.
Alors que tout semble joué en faveur des barons, ceux ci
commettent une erreur qui leur ôte tout espoir d’accéder au
pouvoir. En effet, à Montpensier, ils n’osent pas refuser le
serment d’allégeance à Louis IX et se trouvent forcés
d’accepter le choix du jeune roi naturellement favorable à
la nomination de sa mère. Celle-ci accède donc au poste de
Régente avant même que les barons n’aient le temps de
prendre des mesures. Ainsi, les anciens conseillers du Roi
Louis VIII gardent-ils le pouvoir, ce qui représente une
importante nouveauté dans l’histoire de la monarchie : pour
la première fois, une équipe survit au roi qui l’a nommée.
Cependant, la régence s’annonce difficile. La Reine n’a
accédé au pouvoir que par la volonté d’une minorité, alors
que pour tous elle reste non seulement une femme, mais en
plus une étrangère, ce que la haute noblesse supporte
difficilement. Dès le sacre de Louis IX se manifestent des
oppositions. |
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VIEN, Saint Louis remet la régence du
royaume à sa mère (1773) |
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Le tableau Parce
qu’il représente un événement postérieur au sacre de Saint
Louis, ce tableau devrait être le placé à la place de la
toile de VAN LOO. L’ordre adopté en 1934 est en effet peu
rationnel et ne correspond pas à la disposition prévue à
l’origine.
La concrétisation de la remise de la régence se fait par
le don d’un gouvernail symbolique que le jeune Roi tend à sa
mère. Habillé de violet, le cardinal Romain de Saint Ange
semble guider le geste de Saint Louis. On peut s’interroger
sur la présence des deux jeunes gens qui, debout à droite du
Roi et malgré la solennité du moment, paraissent
s’entretenir de la scène. |