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Si Saint Louis est aujourd’hui incontestablement considéré
comme un grand Roi, sa naissance le 25 avril 1214 ne
sollicita que peu d’intérêt. En effet, le Prince Louis avait
un frère aîné venu au monde en 1209, et n’était donc pas a
priori l’héritier de la couronne. Ce fut la mort du dauphin
qui lui procura cette place. De plus, le 25 avril fut
surtout marqué par les célébrations religieuses commémorant
la dernière grande peste. Enfin, les chroniqueurs de
l’époque ne s’intéressaient que très peu à la vie des
enfants.
De la jeunesse même de Saint Louis, on sait donc peu de
choses : les quelques récits que l’on a pu trouver sont pour
la plupart postérieurs à la mort de Louis IX. Peu fidèles à
la réalité, ils montrent surtout le Prince dans sa sainteté
et dans sa piété.
Il est probable en effet, que dès son enfance, le Prince
Louis fut attiré vers Dieu. D’ailleurs, sa mère fit beaucoup
pour le guider vers ce chemin. L’entourant de religieux, le
conduisant chaque jour à la messe, lui permettant une
connaissance approfondie des livres sacrés, elle joua un
rôle déterminant pour l’avenir de son fils. C’est également
enfant que le futur Saint Louis reçut sa vocation de
bâtisseur : présent à la consécration de l’église de
Longpont, le jeune Roi garda de la cérémonie un souvenir
inoubliable qui le conduisit plus tard à fonder l’abbaye de
Royaumont.
Ainsi, dès son enfance, Louis connut-il une foi sincère,
naturelle et profonde, qui selon ses contemporains se
répercuta sur son comportement au point de le rendre
toujours agréable et serviable.
Cependant, l’éducation du Prince ne fut pas uniquement
religieuse. Blanche de Castille divisa les journées de son
fils entre le travail scolaire, les exercices physiques et
les devoirs religieux dans le but de faire de Louis un
parfait chevalier. Aussi, la Reine le dota-t-elle d’un
précepteur qui sut selon la volonté de celle-ci faire
parfois preuve d’une grande sévérité. Sa tâche fut facilitée
par l’excellente mémoire de Saint Louis : le jeune Roi
réussit à parler parfaitement le Latin et à accéder à une
très bonne connaissance des livres sacrés.
Malgré sa sévérité légendaire, Blanche de Castille sut
également être une mère dévouée, aimante qui fut très
éprouvée par la mort de ses fils : celle du dauphin d’abord,
puis celle de Jean en 1227. Si la charge de sa famille de
sept enfants, et plus tard le poids de la régence ne lui
permettaient pas de s’occuper personnellement de ses fils et
de sa fille, la Reine les entourait de son amour et veillait
à ce que tous puissent recevoir une excellente éducation.
Elle voulut d’ailleurs elle-même apprendre à lire à Louis,
puis assistée de ses conseillers, elle lui enseigna les
fondements du droit et l’initia aux problèmes du Royaume.
Selon l’habitude de la monarchie française, c’est à la mère
de Louis IX qu’il revenait de choisir l’épouse de son fils
alors âgé de dix-neuf ans. Désireuse de poursuivre la
politique menée par Philippe Auguste en élargissant le
pouvoir de la couronne française par une alliance
matrimoniale, elle porta ses choix sur la cour de Provence.
Raymond Beranger, Comte de Provence et Beatrix de Savoie
avaient alors quatre filles. Marguerite, l’aînée n’avait que
quatorze ans lorsque Gilles de Flagny vint de la part de
Blanche de Castille négocier le mariage. Celui-ci se fit
rapidement. A peine le Pape avait -il le 2 Janvier 1234
donné son accord que Marguerite de Provence partit pour Sens
où elle devait retrouver le Roi pour les cérémonies. Le 27
Mai, le mariage fut célébré dans l’église de Laon, par
l’archevêque de la ville : Gauthier. Le lendemain, la jeune
femme fut couronnée Reine de France.
Alors qu’il n’avait pas lui même choisi son épouse, Louis IX
fut tout de suite attiré par cette dernière. De même, de son
côté, la Reine fut rapidement séduite par le souverain.
Cependant, la vie conjugale du couple royal fut difficile.
Jalouse de Marguerite de Provence, craignant que l’amour de
son fils pour celle-ci ne rende la Reine trop influente,
Blanche de Castille fit tout pour empêcher les deux époux de
se voir. De plus, la jeune Reine, habituée au luxe, aux
réjouissances et aux jeux ne s’adapta que très difficilement
à la vie sobre que son mari s’imposait.
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