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Quelques mots sur la chapelle
C'est en 1751 que le financier Paris Duverney propose au roi
Louis XV la création d’un collège royal académique destiné
à l’instruction militaire de cinq cents jeunes nobles nés
sans bien. Grâce au soutien de Madame de Pompadour, maîtresse
et conseillère du roi, qui convainc celui-ci du bien-fondé du
projet, les travaux commencent en 1752.
Gabriel en dessinant ses plans, le souverain en supervisant la
construction de l’édifice souhaitaient faire de l’École
Militaire une sorte de monument à la gloire de Louis XV, qui
rivaliserait de splendeur avec les Invalides construites au
siècle précédent.
C’est ainsi que le projet initial prévoyait un édifice d’une
superficie environ deux fois plus grande que ne l’est l’École
Militaire actuellement, au centre duquel se trouverait une
église – et non, une simple chapelle –, précédée d’une
colonnade comme à Saint Pierre de Rome et perpendiculaire à l’actuelle
chapelle.
Cependant des contraintes financières, l’école devant seule
subvenir aux besoins de sa construction, contribuèrent à
retarder la construction de l’église, à tel point que lors
de l’ouverture de l’institution en 1756 dans les bâtiments
déjà existants, les travaux de l’église n’ont pas encore
commencé.
Ils ne commenceront en réalité jamais, l’année 1760 étant
celle de l’abandon définitif du grand projet. Avec les
nouveaux plans, l’édifice est réduit à sa superficie
actuelle, l’École devant, suite à l’ouverture du Collège
Royal de la Flèche accueillir un nombre plus restreint d’élèves.
Les projets de façades somptueuses sont abandonnés. Gabriel
décide d’intégrer la chapelle dans la partie droite du
bâtiment central. Si les plans sont à nouveau modifiés en
1766 de manière que la perspective offerte par le Champ de Mars
s’achève sur un bâtiment réellement beau, la chapelle ne
retrouve pas quant à elle l’importance qui lui était donnée
au début. De plus, la volonté de parfaite symétrie dans la
façade oblige l’architecte à supprimer tout signe extérieur
rappelant l’existence de l’église, ce qui explique l’absence
de vitraux, de clocher ou encore d’horloge.
Achevée en 1773 avec l’installation des onze tableaux
racontant la vie de Saint Louis, la chapelle ne reste pas
cependant longtemps ouverte. Le 9 octobre 1787, est décidée la
fermeture définitive de l’institution qui sera effective à
partir du 1er avril 1788. Le bâtiment devait remplacer l’Hôtel
Dieu, mais ne reçut en réalité jamais cette destination.
Pendant la révolution, la chapelle fut endommagée. Parmi de
nombreuses destructions, on peut évoquer le démantèlement de
l’orgue et la dispersion des tableaux, enlevés de l’École
Militaire à la fin de l’année 1793 et répartis entre la
chapelle de l’École de Saint-Cyr et l’église
Saint-Louis-en l’Isle.
En 1880, le maître autel et la grille de communion sont vendus
à Saint Pierre du Gros Caillou, suite à l’installation en
1878 de l’École Supérieure de Guerre.
À partir de 1934, le patrimoine de la chapelle réintègre
celle-ci. C’est d’abord le tour de la grille de Communion,
rejointe en 1938 par les neuf tableaux retrouvés. Les travaux
les plus importants sont réalisés en 1952 avec la
reconstruction complète du maître-autel. À partir de cette
date, la chapelle est rendue au culte et rouverte. Elle a
cependant perdu beaucoup de ses ornements : on peut bien sûr
évoquer les deux tableaux disparus, et l’orgue mais
également la chaire et les trois confessionnaux.
Cependant, la beauté de cette chapelle n’est-elle pas d’abord
dans son architecture à la fois simple et belle ? L’église
se présente sous la forme d’une grande salle au plafond en
voûte à berceau surbaissé, soutenue par des colonnes d’ordre
corinthien monumental et à la base de laquelle s’ouvrent des
œils de bœuf. La couleur blanche des murs de la chapelle met
en relief le maître autel, seule touche de couleur à l’exception
des neuf tableaux.
De nombreux éléments rappellent que ce lieu a été, dès le
début, dédié à Dieu. De part et d’autre de la voûte, on
peut remarquer deux hauts reliefs. Au-dessus de l’autel, deux
anges tombés à genoux devant l’agneau mystique posé sur un
autel caché par des draperies rappellent les visions de l’apocalypse.
Du côté opposé, et caché par l’orgue on note l’existence
d’un second haut relief représentant, quant à lui, une croix
que soutiennent plusieurs anges.
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